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Ô Fortuna major ! Gloria coronasti, Carnifex ignominiose victi ! [FINIE]
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MessageSujet: Ô Fortuna major ! Gloria coronasti, Carnifex ignominiose victi ! [FINIE] Mer 16 Mai - 16:18


AVATAR

Asia Léthe, alias Varium Fortuna


Avatar : Avatar Eldar de Warhammer 40 K, image random.
DC ou TC ? : Non et non.
Âge : Environ 5 500 ans, comme elle est apparue vers - 3 500 et des brouettes avant J.C
Orientation sexuelle : Préfère les mâles.
Race : Démone
Groupe : Maîtres & Maîtresses


Parlez donc un peu de vous

Code du règlement (répondez à la question): Je préfère bien évidemment la position de l'aubergine ailée, qui n'existe pas mais a le mérite de m'amuser avec ce qu'elle évoque.
Âge : 22 ans
J'ai signé le réglement : Bah oui.
Une dernière volonté? : Plus de chouquettes.


PHYSIQUE
J’aborde mon corps de différentes façons, toutes fonctions des situations dans lesquelles je me trouve impliquées. La plus simple et la plus courante, qui constitue en général mon quotidien, est celle où je me trouve exposée aux autres, aussi sur qu’en dehors de mon domaine. J’ai une image à entretenir, un culte à cultiver, et une crainte à soigner, il est vital que mon aspect ne soit pas modéré sur ses penchants dominateurs. Aussi est-ce là que je me pare de mes plus beaux atours en matière de violence.

J’adopte l’apparence d’un être de métal gigantesque, enfin au sens humain. Il s’agit d’une armure d’environ cinq mètres de haut. Je ne pourrais pas la bouger pas ma force physique, aussi mon pouvoir en est-il le moteur. C’est une forme anguleuse et agressive, bariolée de symboles obscurs, et dont le corps est parcouru de veinures incandescentes. Je pourrais être l’incarnation d’un volcan sans problème avec cela, mais je cherche juste l’image imposante et terrifiante du démon capable de broyer un corps dans une main avec la même énergie que n’importe qui déploierait à soulever une feuille de papier. Tout, des solerets d’acier massifs, à la couronne jointe au crâne, est prétexte à la violence dans cette apparence, cette armure est ce qui me permet d’être bien plus imposante que ma véritable forme ne le permet. Quand les discussions tournent autour de ma personne je préfère la version du géant aux yeux de feu et à la voix de tonnerre que celle de la petite donzelle avec des iris qui brillent et de longs cheveux sur le postérieur. L’une me donne plus de poids que l’autre, une légitimité démoniaque en quelque sorte.

Ma seconde apparence, la plus véritable, se trouve donc hors de l’armure, et se montre bien plus modeste. Je ne suis qu’une jeune femme d’environ un mètre soixante, les traits fins, la poitrine arrondie, les épaules tombantes et féminines, la taille gracile, jambes fuselées et mains délicates. Une belle petite Lilith, pas vraiment le genre de personne que l’on regarde avec les entrailles nouées par la peur de d’encourir son ire. Ce n’est pas que j’aime voir les gens se transformer en serpillière flageolantes, mais il en est dans le lot qu’il vaut mieux impressionner, et cela commence par le fait d’impressionner tout le monde, afin que la rumeur soit aussi grande que l’armure, et dépasse nettement ma prétendue faiblesse lorsque je dois me hisser sur un tabouret pour atteindre le haut d’une étagère.
Pour détailler mon corps par le menu, voici quelques détails d’importance, qui me caractérisent et me différencient en plus du genre humain.
Pour commencer, mes cheveux sont presque noirs, mais possèdent en vérité une couleur violette foncée qui se révèle dans les jeux de lumière. Quelques uns sont même dorés, réellement couleur or, ils brillent facilement sous le moindre éclat de jour ou de lumière quelconque. Cette tignasse me coule jusque sur le postérieur, ça n’est pas toujours pratique mais j’apprécie l’aspect de la chose, et me plaît à en jouer de bien des façons.
Pour ce qui est de mes yeux ils sont singuliers, le blanc s’y trouve remplacé par un noir d’obsidienne. Je n’ai pas de pupille, mais les iris sont légèrement plus petits que ceux des humains, et d’un or si pur et lumineux qu’ils diffusent presque, dans le noir, une légère lueur. On me dit parfois qu’ils évoque quelque chose de saurien, à la manière des serpent ou des dragons, une image de vilaine bestiole que personne ne voudrait trouver dans son lit. Cela me convient, je ne nie pas apprécier les poisons et la froideur, je mets donc l’accent sur ce penchant de vipère lorsque j’en éprouve le besoin.
Mes oreilles n’ont rien de particulier, elles sont d’une rondeur banale à pleurer.
Enfin, ma peau paraît parfaitement normale aux premiers abords, mais il s’agit là de ce que je choisis d’en montrer car, même si les succubes aiment faire parler de leur cul, je ne promène pas le mien à l’air en toutes circonstances. Je porte donc des marques singulières en des points précis de mon anatomie. Il s’agit de bandeaux de peau noire, à l’aspect du satin, indifférenciables du tissus sans y poser la main. Elles se trouvent sur les coudes, les genoux, les chevilles, mais aussi une sur mon ventre, large d’une demi paume, qui me passe sur le nombril. Elles sont toutes symétriques sauf une, qui commence avec mon poignet gauche, et s’étend ensuite sur toute ma main, colorant même les ongles.

Enfin, et même si elle ne diffère de ma forme précédente que par l’attitude, il est un aspect de moi que j’utilise comme un habit. Il s’agit d’une forme de pouvoir sur les autres, simplement par la persuasion, car le pouvoir se constitue à moitié sur l’apparence du pouvoir, et que je tiens à demeurer bien considérée par tous.
Il m’arrive donc de sortir de mon armure sans pour autant mettre bas les masques. J’ai alors le port altier, le front sévère, et une attitude générale raide et froide, qui ne laisse place ni à la chaleur des liens ni à la demi mesure. C’est cette apparence dont j’use dans mes entretiens privés, surtout avec d’autres entités que je ne connais pas suffisamment pour jouer cartes sur table. Ceci dit, il m’arrive évidemment aussi de persister sur cette voie avec des personnes que je connais bien, seulement car il s’agit encore de la meilleur méthode et pour capter leur attention et pour éviter qu’elle ne se transforme en prédation à mon égard. Quand on joue avec les esprits les plus bas il faut les écraser d’une manière ou d’une autre, moi je choisis la majesté, je laisse aux autres la vulgarité des coups.


CARACTERE
Question mental j’admets apprécier de garder mes secrets, mais s’il en faut en parler alors c’est aussi par ce penchant que je dois débuter.

Je me montre parfois loquace, sans pour autant révéler grande chose, c’est un trait de ma personnalité qui ne m’est pas venu avec le temps mais que j’ai peaufiné. Sans que je ne l’explique bien je n’ai jamais aimé dévoiler mes secrets, je trouve nettement plus amusant de connaître des choses que les autres ignorent, de plus, à mesure que ma vie s’est allongée, j’ai découvert que le savoir est une arme très intéressante. Dans de nombreuses situations posséder des données manquant à d’autres partis a suffit à marquer la différence entre eux et moi, et la preuve que cela fonctionne tient au simple fait que je sois encore en vie, eux non.
J’ai donc un certain penchant pour le secret, mais pas forcément pour tous les secrets, je ne suis pas une fouineuse qui s’amuse à collecter les moindres faits et gestes de ses contemporains. J’aime apprendre lorsque cela me sert, ou seulement si je trouve du plaisir à la découverte d’une information, mais la connaissance en général demeure loin de mes intérêts. Je peux admirer ceux qui choisissent cette fois, leur demander de l’aide, leur fournir un payement même pour l’obtenir, mais certainement pas m’y enfermer moi même. Soit ils apprennent trop de choses inintéressantes, soit ils se montrent suffisamment imprudents pour débusquer ce que d’autres dissimulent avec le plus de soin, et cela ne se fait pas sans risque, ce qui entraîne tôt ou tard la mort de la fouine, et je tiens à ma vie.

C’est peut être là ma seconde facette la plus importante, je suis très attachée à mon existence en tant qu’entité vivante. Il est vrai que la mort promet un repos difficilement troublé, mais c’est aussi l’assurance de ne même plus parvenir à s’ennuyer, une fois mort plus rien n’est possible, or j’aime beaucoup jouer, c’est ma raison de vivre que de jeter les dés et voir ce qu’il en sort.
Je suis donc à cheval sur la sécurité. Depuis des siècles je m’emploie à la renforcer. Je ne me leurre pas, aucun système n’est parfait, et c’est parce que je le sais que je tâche de m’en accommoder en évaluant régulièrement les risques que je suis prête à encourir. Cela me place parfois dans de fâcheuses situations, et je dois bien admettre qu’en certaines circonstances la mort m’a caressé la joue avant de poser une main sur mon épaule. Je suis toutefois parvenue à me tirer de son étreinte avant qu’il ne soit trop tard, et j’ai concédé de grands sacrifices pour cela, une chose que je déteste faire.

Je suis plutôt combative en plus d’être dominatrice. Oh il ne faut pas se méprendre, ce n’est pas d’écraser les autres qui m’excite, mais bien de sentir mon emprise sur le monde en général. C’est en ourdissant des plans allant à l’encontre de ceux d’autrui, et en les voyant s’enclencher puis progresser, avec tout le calme et toute la beauté d’un mécanisme bien huilé, que je prends vraiment mon pied. Le résultat final n’est qu’une pécadille, je me fiche bien de savoir qui tuera qui si j’obtiens mon petit frisson dans l’histoire. Souvent j’ai dû abandonner des richesses, une posture politique ou bien une position sociale, que ce soit en cherchant à fuir ou pour servir mes dessins. On croit, lorsque j’en parle, que je me montre lâche, je dirais plutôt que je suis moins abrutie que ceux qui s’imaginent ce genre de choses. Oui j’ai une haute opinion de moi même, mais une fois de plus, combien des premiers âges sont encore en vie ?

Cette fierté c’est un frein à ma popularité. Les gens, qu’ils soient faibles ou forts et ce dans un domaine ou un autre, supporte mal de lever la tête pour regarder un semblable. Pour ma part je n’y trouve aucun plaisir direct, mais savoir qu’il se trouve quelqu’un au dessus de moi fait partie du jeu. Si je n’avais personne à voir chuter comment pourrai-je m’amuser ? C’est dans cet esprit que je joue mes parties, et plus la cible s’élève, plus belle est la déchéance.
Comme j’ai participé plus d’une fois à l’entretien de ce marasme qui fait du monde des démons un chausse trappe d’envergure monumentale j’ai dû louvoyer moi même entre les coups. J’en ai prit certains, distribué d’autres, mais somme toute, je trouve encore le jeu amusant, et j’y ai ma petite réputation. Je suis retorse mais bonne joueuse, cela permet des alliance où les esprits les plus obtus ne peuvent en soupçonner, encore un atout.

Enfin, bien qu’il ne s’agisse que de renseignement peu impactants sur ma personnalité, il faut connaître quelques petits détails pour éviter les fausses notes avec moi. Il est donc nécessaire de savoir que je déteste les gens qui mettent trop de parfum, ou qui puent, tout simplement, que je ne supporte pas les fainéants, sauf quand il s’agit de moi, évidemment, et que j’exècre les piètres menteurs. Je pense sincèrement qu’ils sont les pire, car, si le mensonge est déjà mauvais par sa nature, l’utiliser sans posséder le talent nécessaire dans l’art de la tromperie transforme réellement cela en insulte.
Quand à ce qui me plaît, j’apprécie simplement de pouvoir prendre mes aises, de ne manquer de rien et de me faire plaisir sitôt que je le décide. Je suis une grande gourmande, les pâtisseries et les boissons sucrées et chaudes constituent une grande partie de mon alimentation, après tout je peux parfaitement me goinfrer sans risquer l’obésité ni le diabète, alors pourquoi me priver. Je suis aussi une grande amatrice de livre et de plantes. Mes jardins resplendissent, mes étagères sont ensevelis sous les ouvrages. C’est dans ce genre de cadre que je me vois passer l’éternité sans craindre la déception ni l’ennui.
Et, pour ce qui est des attentions plus charnelles que l’on peut rencontrer dans son existence, je me montre suffisamment ouverte d’esprit pour accepter les hommes comme les femmes, ainsi que bon nombre de traitements qui se révéleraient outranciers aux yeux de certaines personnalité. C’est bien ce qui les rend si plaisants.


POUVOIR
Pouvoir : Forgeronne d’âmes
C’est basiquement un pouvoir servant à créer des golems, des entités inertes dans lesquelles on insuffle un quelque chose qui leur donne la vie et leur permet d’agir par elles même. Dans le cas d’Asia il y a plusieurs règles à respecter.

-Une âme de golem ne peut être forgée que par elle, elle ne peut pas donner cette capacité à un sous-fifre.

-Plus l’âme est complexe plus elle est difficile à créer. C’est comme un programme. Entre une âme qui demande simplement à un golem de savoir marcher et une qui lui demande aussi de savoir parler il y a une énorme différence.

-Une âme peut être recyclée. En fait, il s’agit de connaissances. Asia peut récupérer les connaissances/l’esprit d’une créatures au moment de sa mort, ou très rapidement après. De cette façon elle peut par exemple prendre les connaissances d’un forgeron et les implanter à un golem, qui disposera alors du savoir du forgeron. Plus le temps passe après la mort plus les connaissances sont parcellaires, au-delà de cinq minutes il n’y a rien à tirer du cadavre.

-L’âme des golems entretient un lien avec la vitalité, quand Asia créer une âme elle doit puiser dans sa propre vitalité pour l’implanter dans une chose. Plus la créature voulue est puissante plus le drain est important. Il est totalement impossible de récupérer cette vitalité. En revanche, il est possible de prendre celle d’une créature qui meurt, raison pour laquelle elle élève des milliers de poulets dans le but de les tuer. Implanter une âme trop importante dans un golem sans posséder suffisamment de vitalité entraîne la mort, si la quantité est suffisante mais très importante cela peut produire la mort de parties du corps ou de dangereux dysfonctionnements.

-Il est impossible de voler les connaissances ou l’énergie vitale d’un être vivant avant qu’il ne soit mort ou aux portes de la mort (genre gorge tranchée mais encore debout).

-Un golem peut être blessé ou tué comme un autre être vivant, mais il existe deux modalités à cela. La vitalité propre au golem, qui lui permet d’exister, est emmagasinée en lui. Elle peut l’être de façon diffuse ou concentrée. Si elle est diffuse, chaque blessure affaiblira le golem, si elle est concentrée il faudra atteindre le noyau, sinon comme pour un zombi tout continuera de fonctionner, en revanche si le noyau est détruit tout le golem meurt instantanément.

-Aucun golem d’Asia ne peut échapper à son contrôle, car ils sont ses créations directe et que ce lien ne peut être brisé que par la mort du golem ou d’Asia.

-N’importe quelle matière non vivante peut accueillir une âme créé par Asia, en revanche si la chose est déjà possédé il faut que l’âme soit, soit nettement plus puissante et donc capable d’écraser celle déjà présente, soit expulsée au par avant. Le premier cas est évidemment très difficile à mettre en œuvre car cela demande une implantation très coûteuse en énergie vitale, qui peut laisser Asia inconsciente.

-Les âmes peuvent être scindées ou fusionnées, tout comme le métal d’un forgeron. Si elles sont implantées dans une chose elles scindent en même temps leur énergie vitale ou la fusionne.


HISTOIRE
L’existence pour les démons se qualifie rarement de reposante. Notre vie est riche en événements, et pour cause, il semblerait que la nature belliqueuse engendre des agitateurs. Je ne nierai pas que j’en ai fait partie en mon temps, mais aujourd’hui je suis une gentille fille. Il est bien plus facile d’ourdir derrière une belle façade que sur le parvis d’un rade mal famé, aussi, bien que je ne sois pas la plus sage des démones, je m’applique depuis longtemps à cultiver une image de noble despote.

J’ai commencé très tôt à révéler ma nature entreprenante dans les intrigues. Déjà en mon monde d’origine, j’aimais provoquer de petits déboire, prenant aux uns, donnant aux autres, jamais prise jamais punie. Mais ce n’étaient alors que des jeux d’enfants, et je m’en accommodais fort bien en trouvant à ces petits chapardages les épices de l’aventure. Je n’y gagnais du reste pas grand-chose.
C’était une époque relativement tranquille pour la société démoniaque, notre bon roi Satan, cette teigne surpuissante, s’asseyait allègrement sur quiconque cherchait à le renverser, et ses affidés se déchiraient périodiquement selon des schémas bien définis. Il suffisait de tendre un peu l’oreille et de connecter les deux au cerveau pour avoir une idée du bon moment pour disparaître. Je dois avouer que je demeure très douée à ce petit jeu, la fuite courageuse est un peu ma marque de fabrique, car je trouvais toujours un moyen d’escamoter quelque marchandise intéressante à la barbe d’un magnat trop occupé par l’éviscération d’un opposant pour s’intéresser à mes allées venues. Une fois le calme revenu je trouvais alors un personnage tout aussi noble prêt à me troquer quelque chose en échange de mon larcin.

Comme dit, il s’agissait d’une époque paisible pour les démons, de la violence à heures précises et des tueries aussi relativement bien ordonnées que précises. Des années de douceur dans une société comme la mienne.
Je m’en satisfaisait, je n’étais encore qu’une jeune démone. Je ne me connaissais pas de pouvoirs, point de parents influents – si tant est que cela ait put me servir à quoi que ce soit à part être une cible prioritaire – et aucun talent particulier dans lequel j’excellais qui puisse me donner droit à la renommée. Une parfaite inconnue donc, aux mains lestes et aux pas silencieux. Suffisant pour survivre.
Je vécu ainsi quelques décennie, une période longue pour un humain, un battement de coeur pour les plus anciens d’entre nous. A mesure que le temps passait je me montrait plus ambitieuse, plus insolente avec mes cibles, et ce qui n’était autrefois qu’un passe temps amusant devint un métier. On me cherchait pour de petits contrats, et lorsque je n’en trouvais pas je rapinais quelque préciosité dans les murs d’une baraque bien attifée.
Pierres précieuses dans les coffres à bijoux, armes de valeur dans les salles d’arme, trophées guerriers dans les salons, et recels compromettant dans les caves et les greniers. La menace des gardes et la colère offensés me poursuivant donnaient à ce jeu une saveur toute particulière. Sentir le danger, le coeur tambourinant contre mes côtes tout en contournant les vigiles, se montrer plus maligne que les défenseurs des places où je m’introduisait, cela me procurait un frisson puissant, et une joie de vivre féroce.
Cependant que je me faisais une réputation, mes outrages trouvaient une résonance dans la région où je sévissais, et, évidemment, les gardes se multiplièrent, de petites tourelles ornèrent de maigres remparts, les chiens dans les propriétés devinrent presque des élevages. Je rencontrais à chaque maraude un nouvel ennui, plus d’une fois je n’échappais que de justesse aux pièges sensés me stopper, et il est même une ou deux aventures qui faillirent se solder par ma mort. Légèrement refroidie par l’ardeur des gens à se prémunir contre mes assauts, je dus réfléchir.
Cesser m’était impensable. Si ces gens désiraient éviter ma compagnie il leur suffisait de n’avoir rien chez eux qui puisse m’intéresser. Je ne comptais pas abandonner mon petit jeu aussi facilement, m’effrayer leur donnait du répit, rien de plus, car je me suis toujours montré obstinée. Je ne renonce à une affaire que si je ne lui trouve aucun biais pour en contourner les obstacles les plus gênants, comme par exemples ceux fructueux en mort pour ma personne.

C’est à ce moment que je me découvris un certain pouvoir. Il faut savoir que de nombreux démons manipulaient des forces dépassant la simple puissance physique, et que je n’appartenais alors pas à cette catégorie. Je me trouvais dans la situation de l’adoration devant ces puissances occultes, comme un enfant malgré mon âge.
Je me trouvais donc dans un état instable de consternation et d’émerveillement en découvrant un don caché en moi. Il n’apparut pas miraculeux au début, je pouvais seulement faire bouger des objets par la pensée après les avoir touché, et même de cette façon la chose me semblait bien étrange. Je ne connaissais que peu de choses à la magie, côtoyer longuement les démons suffisamment puissants pour analyser les arcanes de leurs propres pouvoir ne faisant pas partie de mes priorités je ne devais mes renseignements qu’à des rumeurs et des racontars entendus à des coins de rue et des angles de taverne. Mais je présentais étrangeté cachée sous la surface de ce don, quelque chose dont la nature différait de ce que je le pensais être. Cela m’inquiéta brièvement, j’aime toujours savoir sur quoi je me repose, mais la joie toute simple de me découvrir cette puissance suffit à éloigner de moi les doutes. Je plongeais donc de nouveau allègrement dans les milieux les plus interlopes, subtilisant ici et là sans vergogne.
Alors ce qui devait arriver arriva, après plus d’un siècle et demi d’existence et de liberté, je finis par me faire coincer. Ferrée par les lances pointées sur ma gorge, le dos contre un mur bien tapissé. Il s’agissait de la demeure d’un démon réputé pour sa concupiscence. La brutalité chez nous étant affaire commune elle n’était que rarement mentionnée, mais je ne doutais pas qu’il la compte parmi ses grandes qualité, ce genre de choses se cultivent chez un gentleman des anciens temps.

Les années que je passais à, disons, rembourser ma dette ne furent pas les plus heureuses de mon existence, mais elles eurent l’avantage de m’inculquer la prudence, à grand coups sur le crâne et ailleurs. J’y perdit aussi un peu de mon innocence morale. Ma vision du monde, sur laquelle je me reposais depuis le début de mon existence, se révéla totalement fausse, tronquée par le peu de hauteur dont je pouvais m’aider pour comprendre les jeux de pouvoir entre les différentes factions démoniaques. Car, même si un roi unit son peuple, il ne peut empêcher les grandes maisons de se vouer une haine aussi féroce que cordiale, et donc de se tirer mutuellement dans les pattes à grands renforts de justifications stupides mais légales.
Je n’oubliais rien de tout cela lorsque je parvins à m’enfuir, et c’est probablement ce qui me permit de ne pas être reprise, car je me dirigeais directement vers un autre démon.

Luzear. Lui aussi possédait une propriété, des secrets, des trésors, et une grande renommée de briseur de têtes. Mais surtout, il était connu pour son tempérament fougueux et sa dangerosité dès lors qu’il trouvait une raison de détester quelqu’un. L’individu parfait pour moi car il détestait mon propriétaire précédent. Obtenir sa protection requis de prendre de grands risques, comme, par exemple, d’être présentée devant lui après avoir étranglé autant de ses gardes que je le pouvais, ce qui me causa d’ailleurs de sérieuses crampes tout au long de la semaine. Mais après tout, ce qui distingue un démon d’un autre sur le plan le plus basique, c’est combien il peut en emporter avant de tomber à son tour. Luzear ne brillait pas par sa faconde, mais il offrit de me garder si je me montrais aussi aimable avec ceux qui en voudraient à sa personne, et puis, ça emmerderait tellement le vieux porc de chez qui je venais, il en jubilait.
S’en suivirent des années tranquilles. Entre le meurtre, le poste de planton, les rapines et le sexe, je trouvais le temps d’étudier mon pouvoir. Dans la maison de Luzear je ne risquait pas grand-chose, alors je m’intéressait souvent à ce qui soulevait des questions dans mon esprit, quand bien même cela m’attirait des regards curieux d’autres affidés pour qui je m’appliquais à perdre mon temps.
Il en ressortit que je ne manipulais pas vraiment les objets par la pensée, mais que j’étais capable de leur insuffler une volonté, et qu’ils l’exécutaient au mieux selon leurs capacités. Ainsi une cuillère se tortillait pour ramper au sol si je lui demandais de traverser la pièce, mais elle était parfaitement incapable de changer de forme au point de grimper les murs. Une chaise galopait dans un couloir si je lui implantais cette idée, mais elle se fracassait contre le premier mur venu, totalement incapable de regarder devant elle. Peu à peu, d’expérience en expérience, je parvins à dégager la nature de mon pouvoir de la masse d’inconnues l’entourant.
Je décidais de me baptiser animiste, de mon propre chef. Si je voulais qu’un objet bouge, il le faisait, simple et direct, je pouvais comprendre cela.

Bien que je continus d’expérimenté mon don je m’appliquais désormais à le dissimuler. Tôt ou tard je devrais partir de chez Luzear, et je ne tenais pas vraiment à ce qu’il nourrisse des soupçons avant l’heure, ni qu’il soit en mesure de me stopper. Cacher un don qu’il pensait ridiculement insignifiant valait son pesant de chance dans une tentative d’évasion. Car on ne quitte pas un démon de rang supérieur sans son accord, et avec Luzear les marchés se passaient à vie.
Mon pouvoir se développa avec le temps, de même que ma connaissance de l’aristocratie démoniaque, des ententes pouvant exister entre puissants et de la façon dont elles se nouaient. Me trouvant souvent dans les couloirs de la propriété de Luzear je suivais avec facilité l’évolution de ses accords, de même que celle de ses colères, et bien souvent j’emboîtais le pas à sa piétaille pour aller vilipender un opposant avec des mots d’acier. Ainsi je pus m’endurcir et me préparer à ce qui serait la prochaine étape de mon existence, probablement la plus grande car elle me demanderait de sauter à pieds joints dans la fausse aux lions.
Un jour, en plein milieu de la journée, je disparu. Ma chambre demeura parfaitement intacte. Les barreaux de ma fenêtre, après s’être aimablement tordus pour me laisser le passage, avaient retrouvé leur position d’origine. Les gardes rencontrés sur le chemin, face à mon air sévère et alerte, me crurent comme eux de service et affectée à la surveillance d’un carré de verdure du parc. Je passais le mur d’enceinte comme on enjambe une clôture, personne ne dût seulement s’apercevoir de ma disparition avant que l’on me cherche pour une nouvelle affectation. Lorsque les recherches commencèrent je me trouvais bien dissimulée, à quelques lieues de la demeure, dans une cachette préparée au long des mois.

Longtemps après que la voix des chiens se soit tue, que le pas des traqueurs aient quitté les marais, et seulement alors, certaine de ne plus être au coeur de la nasse, j’acceptais de pointer mon museau au dehors de ma planque. De vieilles traces finissaient d’être effacées de la boue par l’eau en suintant de toutes parts. Les broussailles aplaties relevaient déjà la tête et les reptiles clabaudaient entre eux, sifflant et claquant des mâchoires lorsqu’ils se croisaient dans les eaux troubles et limoneuses.
Je ressentis un immense soulagement en me rendant finalement à l’évidence de ma réussite, ainsi qu’une frayeur extrême car cela m’obligeait à enclencher l’étape suivante. Cette simple idée me fit couler des sueurs froides, et j’en aurais tremblé si je n’avais pas déjà mûrement réfléchis toutes mes autres options.
Le constat auquel je me rendais était le suivante. Je m’étais enfuis de la maisonnée d’un démon particulièrement puissant après m’y être réfugiée pour échapper à l’influence d’un autre qui avait donc désormais deux griefs contre moi. Me cacher se présentait comme une option tentante, mais elle ne le serait qu’à cours terme. Etant immortelle je ne pouvais pas seulement envisager de rester dans un trou jusqu’à la fin des temps. J’aurais aussi bien put tenter de m’acquitter de mes dettes, mais cela n’aurait probablement pas fonctionné avec le démon que j’avais tenté de voler, et je savais d’avance que Luzear se ferait un plaisir de me décapiter pour m’accrocher la tête à un mur plutôt que de me pardonner quoi que ce soit. De plus, si l’éternité dans un trou ne me tentait guère, la même passée en valetaille ne m’enchantait pas plus. Il fallait donc que je m’oriente vers un autre chemin, autrement plus risqué que l’ermitage et presque aussi risqué que le suicide auprès de Luzear. Je devais à mon tour commencer à gravir les échelons, et m’installer sur un beau tas de cadavres pour regarder mes deux rivaux dans les yeux. Les égaler, voilà quelle était ma meilleure chance.

Ma cachette se trouvant excessivement proche de la demeure d’un ennemi, je choisis de commencer par une pincée d’ermitage avant de me tourner vers le carnage. Je m’affairais donc à fuir en effaçant mes traces, jusqu’à ce que je parvienne suffisamment loin pour ne plus entendre parler des deux démons qu’occasionnellement, et rarement de façon très précise. Les nuages pesant sur ma vie se trouvant désormais loin je pouvais tenter une réapparition dans la vie civile. Je commençais en tant que simple chapardeuse. Un petit pain disparaissant d’un étal, une bouteille escamotée à la cave d’un négociant, et quelques tranches de lards soutirées aux réserve d’un boucher. Il y avait de quoi faire bombance sans attirer l’attention, ce dont je profitais tout en m’activant à une deuxième activité d’importance : laisser traîner mes oreille en ville, dans tous les milieux que je pouvais approcher.
J’appris en moins d’un mois à quoi m’en tenir pour la pègre locale, quels étaient les seigneurs à ne pas fréquenter et ceux dont on disait qu’ils trouvaient de l’emploi pour les gens peu regardants sur la sécurité des missions. Je poussais quelques filatures pour obtenir des adresses et des noms, des horaires et des habitudes. Puis je rentrais chaque fois dans mon trou, un bouge à peine debout qui faisait une offense de son prix pourtant ridicule. De mon recoin miteux j’échafaudais des plans, et le lendemain je les essayais sur place.
Je gagnais la confiance de deux ripoux, ainsi que des oreilles un peu partout en distribuant de la menue monnaie. Je m’infiltrais dans quelques maisons correctes en éliminant un ou deux valets et en me proposant, moi si charitable, de les remplacer quelques temps sans demander trop. Et puis je profitais de ma livrée pour rendre visite aux puissants, prétextant des cadeaux de la part d’autres que moi, volés aussi à d’autres que moi. Ainsi avançai-je doucement, toute en ruses et quiproquos.

Lorsque, enfin, mon plan se trouva parfaitement en place, bien poli, la mèche grasse d’huile et le ventre plein de poudre, je me décidais à faire exploser la bombe. Il y eut un meurtre, quelque part, dans une rue commune que les gens moyens empruntent chaque jour sans penser à ce qui les entourent. Cela pouvait ressembler à un règlement de compte entre un créancier et un mauvais payeur, une bonne paume d’acier dans le gosier et quelques coups dans la poitrine pour faire bonne impression. Mais le maître du mort ne l’entendit pas de cette oreille. Il connaissait son homme, bien qu’il grenouille avec quelques raclures il baignait dans le jus depuis trop longtemps pour se faire équarrir sans s’y attendre.
Il y eut une enquête, on trouva l’un de mes ripoux par l’intermédiaire d’une de mes oreilles, laquelle décéda rapidement après avoir divulgué son information. Le lascar s’en serait vraisemblablement avant d’être lui même attrapé, il ne fit pas long feu, proprement démembré et sa planque saccagée. On y trouva un présent d’une maison en manque cruel de domestiques. Une chose qui n’était pas passée inaperçue, d’ailleurs, tout le monde en ville chuchotait dans le dos de ces bonnes gens. On laissait dire qu’ils se livraient à des actes que même les démons répugnent à nommer, et que pour cela le maître de la maison cherchait de nouveaux malheureux à prendre à son service. Comme je m’y entendais avec la rumeur j’attisais les braises jusqu’à ce que la nouvelle parvienne aux oreilles de l’intéressé. Forcément il s’indigna, lui qui peinait à entretenir sa fortune et espérer léguer à sa maison de quoi grandir encore, devenir plus tard une dynastie, il ne pouvait pas accepter de s’entendre servir un discours à faire fuir tous ses clients. Alors, forcément, le maître du premier tué se rembrunit à son tour. Il avait des preuves, il savait qu’un objet provenant du trésor du commerçant se trouvait à un endroit fâcheux. Alors le ton commença à monter entre eux, et bientôt ce fut la guerre entre les deux familles.
Seulement voila, à jeux égaux, aucune victoire possible sans attendre longtemps, et puis, je ne trouvais rien d’amusant à patienter, surtout que cela briserait mon plan. Alors, quelqu’un ouvrit une brèche chez le commerçant, deux vigiles furent trouvés pendus au pignon de la bâtisse familiale. Il y eut vendetta, trois plantons de l’autre maison crevèrent dans la soirée. Plus de bons mots désormais, le meurtre devenait la loi, et dans un jeu comme celui ci il suffit d’une simple petite erreur pour fausser les chances. Quel dommage que j’ai trouvé un bon fil de marchand dans le ventre duquel ranger ma dague.
Je l’éviscérais proprement et rendit sa dague à sieur le maître du premier tué, qui l’avait bien évidemment dissimulée dans sa cachette favorite, un mur creux dont j’avais découvert l’existence.
Comme prévu l’affaire prit une ampleur alors bien supérieure, car désormais il y avait un problème autrement plus grave que des bastonnades en petites gens. Un premier héritier formé à reprendre l’affaire familiale ça ne se pond pas en deux jours, et les cris du père parvinrent aux oreilles d’un autre héritier, qui s’empressa d’en parler à sa mère. Une puissante succube la matrone, qui connaissait l’amitié forte unissant son fils à celui du marchand, et portée sur le sadisme en plus, elle trouva là une bonne occasion de s’offrir un moment de détente.
Elle se mit en chasse, moi aussi. La sienne s’exerça en ville, où elle massacra très proprement, et avec un grand sens du spectacle, toute la maison ennemie à celle de feu le premier héritier. Pendant ce temps, je m’appliquais à distribuer très gracieusement la mort dans sa propre maison. Des jours entiers d’observation me permirent d’éliminer les gardes et les servants un par un, en suivant leur routine de sorte que chaque cadavre fut soit dissimulé aux vivants soit utilisé pour les appâter ou les troubler. Puis, lorsque la demoiselle revint de sa baguenaude, je l’accueillis avec une curiosité. Quelques cadavres bien dressés, les bras tendus, paumes clouées pour qu’ils restent debout, une allée macabre la guidait jusqu’aux portes ouvertes de son logis. La furie déboula avec une haine incandescente, pour ne trouver qu’un troupeau de chaise s’égayant joyeusement devant elle. L’instant de surprise me suffit, je sortis de l’ombre et enfonçais mon poignard dans sa nuque, transperçant la gorge de part en part, puis sectionnais proprement toute la moelle entre les vertèbres.
Se fils ne se trouvant pas avec elle je décidais de passer immédiatement à la suite de mon plan, et me rendis aux abords de la propriété, attendant des visiteurs. Le fils arriva en tête, avec le marchand endeuillé. Le premier souriait, l’air grave mais vainqueur, le second portait les stigmates de sa perte. Comme il semblait le moins dangereux des deux je passais avec naturel près d’eux, et commençais par poinçonner le fiston, puis je frappais le marchand à la mâchoire et lui ouvris la gorge. Après quoi il ne me resta plus qu’à me rendre sur les lieux de récolte. Je passais d’abord à la maisonnée marchande, la seule survivante des deux, et refroidis les derniers vivants sur place. Je pris alors une charrette attelée et la remplis de toutes les richesses possibles. Je me dirigeais ensuite vers la seconde maison, où je répétais le processus. Puis, comme il ne restait rien à piller, je me rendis au manoir de la succube, dégageais les cadavres pour les entasser et les brûler, rangeais mes gains, et me rendis devant la propriété avec un seau de sang afin de clamer ma nouvelle charge de propriétaire des lieux.
Il y eut bien quelques contestations mais elles se firent discrètes, car il ne me fut pas difficile de mentir par le biais de quelques souffleurs dans la populace, et de laisser entendre que les trois carnages étaient miens, tous réalisés en une soirée. La nouvelle se répandis comme un feu dans la paille, et je devins instantanément la personnalité la plus crainte des environs.

Je gagnais mon pari, car, avec cette renommée nouvelle, j’attirais à moi toute une volière de drôles d’oiseaux, qui s’empressèrent de mettre leurs talents à mon service contre une paye, la protection de mon nom, et l’assurance qu’ils ne seraient pas les prochains que je dessouderais sur une saute d’humeur.
Avec cela je pus me lancer en affaires avec les autres puissants, faire main basse sur les marchés les plus proches, et tenir à distance mes vieux ennemis. Égalité, ils ne m’attaqueraient pas sans être sûrs de gagner, et même l’imprudent Luzear modérerait son enthousiasme face à un chien fou s’élevant soudainement dans une explosion de mort.
Je gagnais aussi, après quelques mois, une rencontre à la cour Satan. Une nouvelle tête impétueuse qui défendait désormais son domaine comme . . . un démon, cela éveillait la curiosité du souverain.

Je ne m’étendrais pas sur la vie qui suivit. Je devins influente, mais pas non plus l’une des énormes puissances du royaume. Seulement, le jour où Satan décida de fuir dans un météore, je parvins à grimper dans le projectile, et je m’en fus à travers l’espace, loin, très loin, de tous ceux que j’avais connus et qui risquaient encore de me poignarder dans le dos.
Je trouvais une forme d’absolution dans la fuite, si personne ne pouvait plus m’atteindre, tous mes pêchés se trouvaient lavés dans le même élan, un compromis très plaisant car je me fichais de toute façon bien de l’endroit où je me trouvais du moment que je pouvais y vivre en m’amusant. Et le commencement d’une nouvelle civilisation démoniaque promettait de me fournir son lot de divertissements.

Une fois arrivée sur Terre, et après la violente secousse de l’atterrissage, je me trouvais expulsée du météore. Il faut dire que la populace locale, probablement croisée avec de la volaille pour en avoir et l’apparence et la cervelle, se montra particulièrement agressive, mais heureusement pas suffisamment douée pour empêcher quelques fuyards de s’éclipser en toute discrétion. Pour ma part je ne demandais pas mon reste, ayant vu une première bataille éclater de le météore échoué au sol, je choisis de jouer la fille de l’air et me déplaçais aussi longtemps que possible.
Je mis bien deux mois terrestres à me trouver une planque correcte, après m’être enfin stoppée, faute d’endurance, mes jambes ne tenaient plus et mon diaphragme menaçait de faire sécession. Je me trouvais alors dans ce qui deviendrait plus tard la germanie, pour le moment il ne s’agissait que de territoires sauvages peuplé par des gens l’étant tout autant.

Comme je n’avais clairement rien de mieux à faire, entre me prendre une lance de lumière dans le fondement jusqu’à devenir la première fibre optique vivante (mais très proche de la mort), et me tourner inutilement les pouces durant des millénaires, je choisis de profiter de cette retraire forcée pour mener encore quelques expériences.
Tout d’abord je m’appliquais à totalement disparaître de la vue des anges. Je changeais fréquemment de position, toujours à couvert, afin d’échapper aux patrouilles s’il en existait, et me tenait à l’écart des hommes. Puis, quand je trouvais un lieu suffisamment paisible, et que j’eus l’impression que les civilisations émergeaient suffisamment pour se passer doucement de l’aide des séraphins, et s’inventer leurs propres dieux, je m’enhardis. Je vécus longuement près de Thèbes, ville d’emmerdes s’il en est, tout mythe un peu chiant dans la Grèce Antique trouve forcément Thèbes sur son passage, c’est un peu comme pour la nourriture. Que l’histoire commence de façon merdique ou superbe, Thèbes et le colon qui la transformera en merde. C’était donc le meilleur lieu pour moi, car j’entendais bien étudier un peu les hommes, leur espèce pour commencer, puis nos différences, et les influences possibles sur eux.
J’œuvrais longuement, très discrètement, enlevant une personne par ici, un autre par là. Quand un berger disparaît alors qu’il ne se rendait visible qu’une fois par an, ça n’est pas une grande perte. Les gens pensent qu’un malheur est arrivé, que ses os blanchissent quelque part dans l’humus ou sur la pierre plate devant une antre bestiale. Et moi cependant, je peux jouer avec mes humains, apprendre d’eux aussi bien sur le plan social qu’anatomique et mystique. J’avoue toutefois préférer attendre leur mort naturelle pour les dépecer, je ne suis pas une grande adepte des bains de sang et de la torture quand je ne m’y trouve pas forcée, et en plusieurs millénaire d’attente, je possédais d’importantes réserves de temps.

C’est durant cette longue période qui sépara la chute de Satan en enfer de la deuxième invasion par Méphisto que je mûrit. Je découvris toute l’ampleur de mon pouvoir, pas seulement un pouvoir pour animer des objets, mais pour les faire vivre par eux même. Un pouvoir avec un lien fort à la vie, possédant de nombreuses contraintes, mes des possibilités époustouflantes ! Je gagnais aussi en puissance et en tact, avec le temps, en ne sortant que rarement et en m’entraînant quotidiennement, je fis grandir mon pouvoir. Les rares fois où je m’extirpais des ombres pour un périple, je profitais de mes connaissances sur la société pour influencer les hommes, mener de discrète expériences sociales, jamais très longtemps. J’allais venais, passais un jour sur place, un autre ailleurs, ne parlant que discrètement à certains humains, n’utilisant pas de magie. Un ange aurait été bien paranoïaque et chanceux pour me trouver et me serrer.
Je parvins tout de même à de plaisants résultats, car l’humanité est complexe, elle aime s’inventer des règles qu’elle enfreint allégrement. Ils ont un jeu qui ressemble au mien. Quand il arrive quelque chose ils décident si c’est grave, si ça l’est, à quel point. Ils clament partout leur décision. Puis ils cherchent par tous les moyens à recommencer en contournant l’interdit. Avec de pareils amis je ne pouvais que m’amuser, et mes brèves rencontres me suffirent pour pousser, ici et là, quelques hardis sur la pente de la discorde. Les échecs des perses en Grèce furent magnifique après leur série de victoires. La fin des dynasties égyptiennes tout simplement grandiose, quand elles moururent aux pieds des monument gigantesques bâtis pour elles. Les guerres mayas et la chute des aztèques, et bien, je me suis contentée de regarder, quand au colons européen je n’y avais même pas pensé ! En revanche la controverse de Valladolid est bien de moi.
Le plus excitant dans tout cela restait le sentiment grisant de puissance. Il suffisait d’une remarque, d’un contact, quelques actes discrets sur la bonne personne, pour que des années plus tard la machination ne se mette en branle à toutes vapeurs. Et, comme je ne prenais part que de très loin aux effets les plus explosifs, je me trouvais bien cachés lorsqu’ils survenaient, agitant les anges au dessus des mortels.

Lorsque, enfin, une seconde guerre éclata, je pus me permettre de ressortir dans la lumière. Et alors, quelle joie, quelle vibration jubilatoire ! Mes moyens se trouvaient décuplés, mes sens, affinés dans le noir, comme enflés à explosés par la lumière. J’avais désormais les coudées franches, et j’en profitais pour me tailler d’emblée un empire. Avant même que Satan et les démons de l’enfer ne soient libérés j’avais combattu aux côté de Méphisto, précipité quelques lieutenants dans la mort ou la disgrâce, en prenant une grande part de gloire dans des actions toutes calculées.
Alors, auréolée de gloire et de légitimité au pouvoir, je pris place dans le nouveau royaume démoniaque, et m’installais sur Terre en Amérique avec les autres.

Il n’y a guère matière à disserter sur ma vie depuis. Je suis restée égale à moi même. J’ai trouvé une place en sécurité, où je peux profiter de la vie de toutes les manières qui me plaisent. Aussi bien en paressant paisiblement, nourris, dorlotée par la piétaille humaine, qu’en complotant pour voir la les forces se chahuter et le monde se renverser. Tout recommencer, encore.
Ah et, j’ai un empire de fastfood basé sur le poulet aussi, mais j’ai la grosse flemme d’expliquer. Voilà.

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MessageSujet: Re: Ô Fortuna major ! Gloria coronasti, Carnifex ignominiose victi ! [FINIE] Mer 16 Mai - 16:22
Bienvenue ! Joli nom au passage. Smile

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MessageSujet: Re: Ô Fortuna major ! Gloria coronasti, Carnifex ignominiose victi ! [FINIE] Mer 16 Mai - 16:38
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MessageSujet: Re: Ô Fortuna major ! Gloria coronasti, Carnifex ignominiose victi ! [FINIE] Jeu 17 Mai - 14:20


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