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Freya Luculia Solheim [terminée]
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MessageSujet: Freya Luculia Solheim [terminée] Dim 13 Jan 2019 - 18:59


AVATAR

Freya Luculia Solheim # the red queen


Surnom : La Reine rouge.
Avatar : Scathach de Fate.
DC ou TC ? : DC de Iota.
Âge : 22 ans.
Orientation sexuelle : Asexuelle.
Race : Goule.
Groupe : Maîtresse.
Métier : Est-il possible de créer un nouveau métier ? Si oui, ce serait la conception de masque tel que celui ci par exemple :
Spoiler:


Parlez donc un peu de vous

Code du règlement (répondez à la question): Je dois toutes les citer ?
Âge : 20 ans.
J'ai signé le règlement : Ui.
Une dernière volonté ? : On mange quoi ce midi ?


PHYSIQUE
Freya. Freya elle est belle. Elle est pas très grande, 1m66, mais elle est belle. Elle a de longs cheveux pourpres, lui arrivant en dessous de ses fesses. Ça cache bien les cicatrices les cheveux longs. Elle a aussi une frange qui cache ses sourcils. Elle a un visage fin, un visage qu'on ne peut se contente de regarder. On l'admire. Et ses courbes, ses formes. N'en parlons pas. Elle ne les aime pas et pourtant tout le monde voudrait s'en emparer.

Elle porte un peu de tout, jupe, pantalon, jean, short, robe... Elle aime faire attention à elle, bien qu'elle s'en foute du regard des autres. Mais Freya elle aime particulièrement sa combinaison violette, légèrement transparente et faite aussi de cuire.


CARACTERE
mélancolique — mature — téméraire — lunatique — détraquée — perspicace — lasse — désespérée — brusque — franche — anticonformiste — poétique — débrouillarde — affectueuse — insolente — secrète

Freya (n.f.) : chose qui brille(ait).

Freya, c'est un trou noir dans la nuit, c'est une étoile éteinte.

Freya est toujours morose. Elle regarde le monde tourner de derrière sa fenêtre, elle passe ses journées à rêver de son futur et à regretter son passé. Dans sa cervelle, elle se construit une vie plus belle. Ainsi vit-elle son présent. Freya, c'est comme si elle était déjà morte. Elle donne l'impression d'avoir déjà trop vu et trop vécu, d'avoir un million d'histoires gravées sur la peau en filigrane, un million d'histoires murmurées, d'histoires endormies. Elle n'a que vingt ans, Freya, mais à la voir, on croirait qu'elle porte des siècles sur ses épaules osseuses, qu'elle est accablée par toute la peine du monde. Les hivers ont cristallisé son visage d'enfant, ses lèvres roses, sa peau délicieusement pale. Elle est toujours bloquée dans ce corps ; mais elle dégage en même temps cette maturité sensuelle et mélancolique. Elle s'est perdue quelque part au-delà de l'enfance dans son corps à la sensualité amère. Est-ce que tu la lis, cette tristesse dans ses yeux teintés de rouge ? Chaque matin, elle habille ses iris noirs tel le néant d'un rouge vif espérant camoufler par un tel subterfuge la mélancolie qui l'habite. Mais rien n'y fait. Elle dégage toujours cette aura d'étoile éteinte, de chose qui se meurt.

Pourtant Freya, elle n'aspire à rien sinon à la puissance. Freya, elle n'aime personne, alors elle les dévore tous, tous ceux qui se dressent entre elle et le monde, entre elle et le pouvoir. Manger, sentir la puissance l'inonder, comme un courant électrique qui parcourt tout son corps, l'adrénaline de la chasse endiablée à laquelle elle aime se livrer. Freya a abandonné depuis bien longtemps l'idée de dévorer les humains. Pauvres, frêles créatures. Freya, elle a terriblement pitié d'eux, de ces pauvres être qui n'ont rien alors qu'eux, les démons, les êtres suprêmes ont tout. La puissance. Un humain, ça casse. Un humain, ça se brise trop facilement. Un humain, c'est ennuyant, au fond. Elle préfère chasser les bêtes, Freya, les dévorer, toujours plus, sentir la puissance emplir son corps comme une douce chaleur qui la fait enfin se sentir vivante. Ça l'aide à être vivante, vibrante. Et puis ça retombe, alors il faut chasser, encore plus. Elle veut être puissante, Freya, mais la seule chose qu'elle veut dompter par cette force malsaine, c'est elle-même, c'est son esprit instable et ses démons qu'elle ne saurait chasser. Ses démons, elle veut les enchaîner. Ses souvenirs, les écraser.

Mais tout ça, ça la gangrène. Les cannibales sont fous, dit-on. Freya est folle. Elle a souvent l'impression de se noyer dans les eaux noires de la folie, de perdre le contrôle de son esprit qui dérive. C'est la folie, insidieuse, qui ronge sa conscience, ne laissant plus qu'une carcasse vide. Elle se bat, parfois, contre la folie, puis elle abandonne, souvent. Elle se laisse basculer de l'autre côté, elle ne contrôle plus rien, elle laisse sa conscience se tapir au fond de son cerveau pour que la folie prenne le dessus, bête noire prenant le contrôle de son corps et de son esprit. Elle se laisse être le pantin de la démence, Freya, parce qu'elle ne sait pas se battre contre ça. Puis elle se réveille, elle sort la tête de l'eau, elle essaye de remonter la pente, elle est rongée de regrets. Se battre, il faut se battre. Pour être forte, il faut qu'elle se batte. Alors elle se nourrit de ses âmes, pour se sauver de cette folie, pour devenir forte, juste forte. Et non plus folle.

Et Freya, elle donnerait tout pour parvenir à ses fins, parce qu'elle a déjà touché les tréfonds du désespoir. Freya, elle a apprit à se battre, à se perfectionner. Freya, c'est cet éclair de cheveux d'un blanc éclatant, ces gestes précis, presque gracieux sous cette carapace solide. Elle s'entraîne, toujours, chasse des proies toujours plus fortes, obsédée par cette idée de puissance, quitte à pousser son corps dans ses derniers retranchements.

Enfin, Freya, c'est cette fille froide, comme taillée dans un bloc de glace, au visage figé. Freya, elle n'a pas peur d'être cruelle, haïe, méchante ; elle n'a pas peur de souffrir parce qu'elle a déjà assez souffert comme ça. Mais Freya, elle est au bord de la rupture, elle est prête à se briser, à s'effondrer sur elle-même. Freya, elle implose, elle est accablée par sa peine et par tous ces sentiments qu'elle n'a pas le droit de ressentir, elle, créature d'acier, d'ivoire, de marbre. Être forte, être froide. Les sentiments, Freya, tu laisseras ça aux faibles. Parce que Freya, elle est irrémédiablement brisée. Freya, dans sa poitrine, il ne reste plus qu'un trou béant ; rien d'autre que des miettes de cœur.

Freya, elle est pas très douée avec les autres. Quand il s'agit de se lier, elle est du genre maladroite. C'est fragile, les gens. Freya, elle ne sait pas comment s'y prendre pour ne pas les heurter, parce que elle, elle ne ressent pas grand chose. Alors elle est un peu brusque, un peu brute, elle est bien trop franche et elle a du mal à dire qu'elle aime. Freya, elle est pas très subtile.

Par ailleurs, elle ne sait ni lire, ni écrire. Quand on grandit dans un vieux quartier, on a pas vraiment la possibilité d'aller à l'école, ainsi son père a favorisé son entraînement physique plutôt que de lui apprendre à lire. Elle tente d'apprendre, parce qu'elle se sent stupide et inutile. Elle est capable de rien la pauvre Freya, elle comprend rien au monde et elle ne peut pas en faire partie. Mais apprendre seule, c'est difficile. Alors elle se réfugie dans l'art et dans la musique, parce qu'il n'y a pas besoin de mots pour les comprendre. L'art, c'est son exutoire, son échappatoire, c'est une des rares choses qu'elle peut comprendre, Freya, alors pour un instant, quand elle se tient devant une œuvre, elle a l'impression de faire partie du monde.


POUVOIR
Goule (喰種) : éspèce dominant la chaîne alimentaire. Possède une apparence humanoïde et en tout point similaire aux êtres humains. Se nourrit de chaire humaine et dépasse largement les capacités physiques des humains. Possède une capacité régénérante grâce aux cellules de son corps et peut donc ainsi s'autoguerrir. Plus la blessure est grosse, plus la guérison est difficile, amenant à un possible échec critique.

Kagune : Les goules possèdent un organe que les humains n'ont pas : la poche RC. Cette poche stocke les cellules RC (cellules qui parcourent tout le corps comme le sang). Ainsi, les goules ont un taux de cellules RC bien supérieure aux humains. À leur guise, les goules peuvent libérer les cellules RC de leur corps, et une fois à l'air libre, elles se déploient et deviennent très résistantes (autant que l'émail des dents). Ce système de Kagune permet aux goules de se défendre et de survivre. Lorsque leur Kagune s'active les yeux des goules deviennent rouges. Celui de Freya est un Kagune écailleux. Il ressemble à une queue de scorpion, se trouvant à l'emplacement de ses reins.

Cependant, tout ça lui demande beaucoup d'énergie, bien qu'elle soit plus forte, ayant engloutis pas mal de goules durant ses années de vie. Mais cette force l'a tellement engloutis, dévoré, qu'elle ne l'a contrôle plus. Elle est épuisée Freya, et ça la tue à chaque fois qu'elle utilise son Kagune.

Précisions:
Je me suis totalement inspirée des goules de Tokyo Ghoul et donc je n'ai pas changé le nom, si cela pose problème, je peux évidemment y apporter quelques modifications. Je me suis permis car on m'a dit que je pouvais m'en inspirer si je n'avais pas un perso cheaté.


HISTOIRE
souffreur, douleur, blessures, les mots se mêlent et se démêlent dans son esprit.

Il se rapproche inéluctablement, forme éthérée rendue floue par son esprit troublé. Freya est courbaturée, recroquevillée sur le sol sale. Elle ne porte rien d'autre qu'un vieux t-shirt blanc, trop grand, taché et troué, accessoire futile à l'odeur pourtant familière et rassurante. Elle réprime un cri de terreur alors que son prédateur se rapproche encore et encore. Elle se relève alors, prise d'une énergie fiévreuse et extatique impulsée par l'adrénaline dans ses veines, et se remet à courir. Elle trébuche à nouveau, son corps d'enfant s'éclate contre le sol, elle réprime un cri de douleur. Chaque partie de son corps est lancinante, comme si mille aiguilles la transperçaient jusqu'à la moelle. Elle entrevoit la mort qui s'approche doucement tel un reptile se glissant insidieusement vers elle. Un visage flou, presque abstrait, qui la terrorise au moins autant que la mort même qui plane au dessus de sa tête. Le décor est obscur, trop sombre, dans cette galerie souterraine, aucune raie de lumière ne peut percer les parois noires comme la nuit qui scellera son tombeau. L'air est terriblement froid, humide, et gangrené par l'odeur de son propre sang. Freya recule doucement, rampante, se plaque contre la paroi de pierre glaciale. Aucun son ne lui parvient, aucun autre que celui de sa respiration et de celle de son tortionnaire. Tout son être hurle face à ses iris rouges. Elle voudrait fuir, mais elle reste là, tétanisée par la peur, clouée au sol comme une pauvre poupée de chiffon. Freya revoit alors brusquement le visage de son père, imposé dans son esprit, figure émaciée qu'elle abhorre et dont la simple pensée lui donne la nausée, marionnettiste, organisateur de ce jeu mortel. Tout lui revient, de son rire hypocrite à l'odeur putride de sa folie aliénante qui déteignait presque sur elle. Serait-ce le jugement dernier ? L'ombre du prédateur l'enveloppe alors que son kagune crève sa peau. Freya s'abandonne, cesse finalement de résister, attendant le coup fatal qui signerait la fin de ce calvaire.

La tête de son prédateur se détache de son corps dans un craquement sourd, elle chute et roule sur le sol avec un bruit malsain. Son sang se met à couler à flots, teintant de rouge le corps de Freya qui ne put réprimer un hurlement terrifié. Le corps s'effondre comme une poupée de chiffon, et elle distingue derrière lui la silhouette de son père. Elle reconnait son visage dur, froid comme l'acier sous ses cheveux poivre et sel. Il rétracte son kagune, pose une main faussement rassurante sur l'épaule de sa fille. Le contact de sa peau contre la sienne la fait frissonner. Elle se recroqueville sur elle-même, une boule dans la gorge, tentant de réprimer la vague d'angoisse qui l'envahit à l'idée de la punition qu'il allait lui accorder. Elle avait échoué, elle l'avait déçu. Elle n'avait pas réussi à chasser comme il le lui avait inculqué. Elle était un échec. « Mange-le. » La gamine leva des yeux effarés vers son père. « H-hein ? » Elle réprima un sanglot. Son père s'approcha un peu plus d'elle, enserrant ses épaules de ses bras musclés. Avant, il chassait pour elle, une fois par mois. Il remontait à la surface, le temps d'une nuit, tuait une humain, pour elle. Mais c'était fini, désormais. D'une main implacable, il serra son épaule. « P-papa, tu me fais mal. » Un sanglot perça dans sa voix. Elle tremblait vivement, tentait de se contrôler sans succès. « Mange, Freya. » Sa voix était mielleuse, comme un doux poison qui s'insinuait jusqu'au cerveau de Freya. Elle essayait de retenir les larmes qui commençaient à rouler doucement de ses yeux, traçant des sillons salés sur ses joues roses. « Tu dois le manger, Freya, pour lui prendre sa force, pour devenir plus forte que lui, tu comprends ? Tu dois être forte, Freya. » Il chuchotait, mais son ton était presque menaçant. Papa, son père, figure paternelle, source d'effroi ; rien n'effrayant plus Freya que son père et sa douce hypocrisie, son faux visage de père parfait. Il disait vouloir la rendre forte, plus forte que n'importe qui, parce que c'était le seul moyen de survivre, ici. Pas de police, pas de loi. Marche ou crève, c'est ainsi que Freya fut toujours éduquée. Sa mère, elle était morte il y a bien longtemps, et c'est à ce moment là que son père avait perdu les pédales. Alors pour ne pas mourir comme sa mère, elle devait devenir plus forte. Apprendre à se battre, à tuer, à chasser. La poigne de son père se resserra brusquement sur son épaule, comme une menace silencieuse et insidieuse. Alors Freya se baissa vers le cadavre encore chaud de l'homme décapitée, saisit son bras, et mordit dedans, sans pouvoir retenir ses larmes qui coulaient à flots de ses yeux bruns. Le goût de la chair lui donnait envie de vomir, mais son père l'empêchait de se détourner. Elle mâcha difficilement, et se força à avaler. Il ne fallait pas décevoir papa, pas vrai ? « C'est bien. Continue, Freya. Ne sens-tu pas la puissance affluer dans ton corps ? » Elle ferma les paupières pour effacer de son esprit l'image du mort, et prit une autre bouchée. Mâcher, avaler. Ce n'était pas compliqué, hein, Freya ? Elle essayait de se forcer d'oublier qu'il s'agissait de quelqu'un comme eux. Elle ne pouvait pas désobéir à papa, Freya. Alors à dix ans, elle était déjà une cannibale.

✱✱✱

Son épaule déboîtée la lançait terriblement. Tous ses muscles étaient douloureux, ses membres la brûlaient, mais elle savait que la punition serait bien pire si elle osait s'interrompre. De toutes ses forces, elle frappait son père qui parait sans mal ses coups frêles. Elle n'était pas assez forte, encore, pas assez pour égratigner sa peau endurcie par la dure vie des sous-terrains. Elle n'a jamais été assez forte, Freya. Elle a toujours été une telle déception, Freya. Malgré des années d'entrainement, elle arborait toujours ce corps à l'air fragile, maigre et petit, terriblement pale, presque délicieusement blafard. Elle enchaîne les coups, visant le visage de son père sans une once d'hésitation, mais il évite toujours, pare immédiatement. Il lisait le moindre de ses gestes avant même qu'elle n'ait le temps de l'exécuter. Tes intentions se lisent dans tes yeux, Freya. C'est mauvais., disait-il toujours. Il réplique vivement, Freya esquive en se reculant. Elle s'emmêle les jambes, manque de tomber. Ses cheveux sombres obstruent une seconde sa vision, si bien qu'elle ne voit pas le coup venir. C'est un choc cinglant qui la frappe, elle s'écroule au sol, sonnée. Elle a entendu sa mâchoire craquer sous l'impact. Confuse, elle reste étalée au sol, retenant ses larmes. Comme toujours, elle ne s'y attendait pas, elle n'avait su répliquer. Le goût ferreux du sang lui emplissait la bouche, elle essayait de bouger sa mâchoire endolorie, sans succès. Ses cellules avaient déjà régénéré des dizaines d'autres blessures, alors la guérison était lente, cette fois-ci. Elle se recroquevilla sur le sol, de peur que son père ne frappe encore. L'entraînement n'était jamais terminé. Sauf quand il le décidait. « Debout. » Elle se fit encore plus petite, n'espérant rien sinon pouvoir disparaître. Elle tremblait de douleur, de terreur, de colère. « Lève-toi, maintenant. » Il s'approcha d'elle, alors Freya se redressa vivement, faisant fi de la douleur qui dévorait chaque parcelle de son être. « Ne t'ai-je donc rien appris ? » Difficilement, elle se mit sur ses jambes qui flageolèrent une seconde. Elle se força à tenir debout. Ne pas tomber. Ne pas abandonner. Elle calma sa respiration. Inspire, expire. Doucement. Son cœur ralentit un peu, mais elle restait sur ses gardes. Sous ses airs nonchalants, elle le savait prêt à attaquer, à la frapper comme la foudre d'un coup dont elle ne se relèverait pas de sitôt. « La douleur n'est qu'une information. » articula-t-elle difficilement. Il la toisa pendant un temps qui lui semblait durer une éternité. Elle baissa les yeux, incapable de soutenir son regard sévère. Ses yeux étaient noirs comme des plumes de corbeaux, dévorants. Son quotidien était fait d'os qui se rompent, de muscles qui se déchirent et de sang qui coule. Mais elle devait être reconnaissante, pas vrai ? Grâce à papa, elle serait forte.

Elle déploya du bas de son dos son kagune. Celui-ci formait comme une queue de scorpion. Elle bondit sur son père, espérant profiter de l'effet de surprise. Elle parvint seulement à érafler sa joue. Elle est trop lente, Freya, bien trop lente, écrasée par le poids de son kagune trop massif pour son corps maigre. Il la frappe à nouveau, l'envoyant valser en un seul coup. Elle palpait ses côtes : c'était cassé. Les os se reformaient lentement sous sa peau, alors qu'elle fixait le sol, piteuse. Elle se tordait frénétiquement les mains, ne sachant que répondre comme excuse. « J-je n'ai plus assez de cellules... C'est... C'est la régénération, ça me nécessite trop d'énergie... Je suis désolée... » Elle s'embrouillait dans ses excuses et des bafouillages désolés. Son corps était à bout, mais ça n'avait jamais arrêté son père dans sa course folle vers la puissante. Un jour, Freya, tu me seras reconnaissante, disait-il toujours. Il soupira de déception. « Arrêtons là pour aujourd'hui. Va donc chasser, repose-toi. Demain à la première heure nous travaillerons. » Il marqua une longue pause pendant laquelle Freya se releva, sans pourtant cesser de fixer ses pieds. Plus que tout, elle voulait éviter de croiser le regard sombre de son père. « Tu as bientôt quinze ans, Freya. Il est largement temps que tu développes un kagune décent, et que tu saches le manier. » Il s'approcha d'elle, la serra dans ses bras. Elle se crispa, tétanisée. La douleur du contact avec ses os brisés la fit grimacer. N'oublie pas que tu es ma fille et que je ne veux que ton bien. « Tu me remercieras plus tard, j'en suis certain. » Elle dodelina de la tête, acquiesça à voix basse. « Oui, père. » Puis il se détacha d'elle, et Freya, au pas de course, se mit en quête d'une goule plus faible dont elle pourrait se nourrir.

Elle devait vivre cachée, n'agir que la nuit pour ne pas se faire prendre. Chasser des personnes inconnues, sans familles. Ainsi, personne ne se rendrait compte qu'elle disparaissait.

✱✱✱

Il fallait qu'elle mange, maintenant. Elle avait l'impression de se noyer dans les eaux noires de la folie, elle avait besoin de manger, manger pour que ça se calme, gagner en puissance pour ne plus être dévorée par la folie. Oui, si elle continuait à manger des êtres comme elle alors tout irait mieux, pas vrai ? Quand elle deviendrait puissante, tout irait mieux. Papa disait toujours que quand elle serait puissante, tout irait mieux. Prostrée, Freya déambulait dans les tunnels à la recherche d'une proie. Ses yeux rouges luisaient dans le noir, elle n'entendait rien d'autre que les voix qui murmuraient à son oreille, toujours, toujours. Elle plaqua ses paumes contre ses oreilles pour les faire taire, ces voix. Mais elles ne se taisaient jamais. Sauf quand elle mangeait. « Tais-toi, tais-toi, TAIS-TOI ! » Du plat de la paume, elle frappa brusquement son crâne, avant d'éclater d'un rire dément. Freya tituba, tenta de se raccrocher aux murs lisses, glissa. Ses genoux s'éclatèrent sur le sol, mais les plaies se refermèrent instantanément. Les cellules RC coulaient à flot dans son corps. Depuis quelques temps, elle avait augmenté le rythme de ses chasses pour compenser ses crises de folies. Elle avait commencé à devenir folle, depuis peu. A voir des choses qui n'existent plus. A entendre des choses, aussi. Elle se releva sans cesser de rire. Soudainement, elle cessa de rire, et s'éloigna vivement de la paroi, s’emmêlant les pieds au passage. Elle avait vu une ombre, là, Freya. C'était une ombre, pas vrai ? Une ombre géante, menaçante, peut-être un fantôme d'une de ses victimes, ahah, qui sait ? Sur ses gardes, elle fixa le mur longtemps, et recommença à rire. « Je suis folle, ahahah, oui, je suis folle, très folle même, hein ? Ahahahah, s'il te plait, tais-toi... Arrête de me parler, je n'en peux plus. » Elle avait envie de pleurer, maintenant, et puis de rire en même temps, et puis oh ! c'était trop confus, elle ne savait pas vraiment. Les voix s'agitaient toujours autour d'elle, légères, à peine perceptibles, des chuchotements comme le bruit du vent dans les feuilles. Pas qu'elle ait déjà entendu le bruit du vent, la gamine, mais c'était ainsi qu'elle l'imaginait. Le bruissement était continu, étouffant, mais elle fit mine de ne pas l'entendre. Le monde tanguait autour d'elle, les murs devenaient sol et le plafond mur, tout tournait, les parois noires se mélangeaient, les lumières faiblardes se brouillaient devant ses yeux. Il fallait vraiment qu'elle mange, Freya. Elle était à bout.

Elle se remit en chasse d'une proie quelconque, n'importe qui, tant que ça pouvait calmer la folie dans laquelle elle était en train de se noyer. La main glissant sur le mur froid et humide du sous-terrain, elle marchait, droit devant elle, suivant la paroi pour ne pas se perdre dans le monde qui tanguait et se mélangeait. Elle entendit des pas légers qui claquèrent sur le sol de pierre noire. Elle se tût un instant, écouta, l'oreille tendue. « Tais-toi ! J'essaye d'écouter. » Les voix s'interrompirent un fragment de seconde, avant de reprendre de plus belle. Mais cela avait suffit. Quelqu'un arrivait. Peu importe de qui il s'agissait. Il lui ferait office de repas. Elle déploya immédiatement son kagune. Elle n'était pas d'humeur joueuse, aujourd'hui. Non, il lui fallait manger. Manger, manger, manger, dévorer, déchiqueter la chair de sa pauvre victime, absorber ses cellules RC, sentir la puissance, oui la puissance, elle lui volerait sa puissance. Les pas s'approchaient. Elle se mit à courir en direction de sa victime. « Je vais te manger, maintenant, d'accord ? Mais d'abord, qu'on te coupe la tête ! » D'un geste vif, elle planta son kagune dans sa gorge. Avant qu'elle ne puisse répliquer, elle sortit son épée noire de ses chairs, et tranchant sa tête, d'un geste rapide et net. « Je t'ai eu ! Je t'ai eu ! Il est temps de te dévorer, maintenant ! » Sans faire de manière, elle mordit dans son bras, mâcha, avala. Ça la rebutait, avant, de manger des êtres comme elle. Mais maintenant, c'était une habitude, presque même un plaisir. Elle se calme petit à petit, à force de dévorer la chair de sa proie. Les voix dans sa tête s'apaisent jusqu'à s'évanouir. Les ombres dansantes devant ses yeux disparaissent aussi. Inspire, expire. Elle se sent mieux ainsi, Freya, elle ne se sent plus oppressée, observée, maîtrisée par son esprit malade.

Elle devait fuir, s'échapper d'ici, oui, plus rien ne la rattachait à ce souterrain froid et humide, au fond. Elle pourrait remonter vers la surface, devenir quelqu'un d'autre, disparaître. Elle ne pouvait plus vivre ici, elle devait s'échapper de ce lieu sombre dans lequel la lumière ne perce jamais. Elle essuya les larmes salées qui baignaient ses joues. Son visage était fendu d'un large sourire piteux, terriblement désolé. Jamais elle ne s'était sentie aussi coupable.

✱✱✱

La première fois qu'elle avait senti les rayons du soleil sur sa peau, le vent dans ses cheveux, le parfum de la pluie, elle avait presque pleuré. Elle n'était pas souvent sortie, avant. Freya, elle n'était remontée que quelques fois, pour des temps très courts, parce que papa disait toujours que c'était trop dangereux. Là-bas, il y avait des humains. Quand il en parlait, ils avaient l'air de créatures monstrueuses et cruelles. Freya pensait qu'il en avait peur parce qu'ils avaient tué sa mère, il y a des lustres. On racontait qu'ils avaient vu son visage, ces humains, et que du coup, il ne pouvait plus remonter à la surface. Ainsi avait-elle été privée de soleil pendant toute son enfance. En repensant à son père, elle avait un goût amer dans la bouche. Son cœur balançait entre les regrets dévorants et la sensation de liberté grisante qui la rendait extatique. Elle traînait sa carcasse sur les routes de pierre et de sang depuis dix-neuf ans, pourtant, elle avait l'impression de redécouvrir le monde. Elle n'y connaissait rien, à cette ville qui avait toujours tournée sans elle, machine aux rouages bien huilés qui avançait inexorablement, la laissant toujours de côté. Elle voulait faire partie de ce monde, Freya, mais elle en était incapable. Parce qu'elle ne savait pas lire, elle ne savait pas écrire, elle se sentait stupide et exclue. Alors qu'elle se sentait puissante avant, elle se sentait comme une incapable, une gamine stupide qui avait passé toute sa vie à grandir à côté de la plaque. Elle ne pouvait pas s'intégrer au monde, Freya. Mais elle le voulait. Plus jamais elle ne retournerait se terrer comme un rat dans ces sous-sols froids et sombres. Elle avait goûté à l'air libre, maintenant. Elle voulait pour toujours être libre.

Assise en tailleur sur le sol, un manteau élimé sur les épaules, elle tenait dans ses mains une planche d'alphabet, tentant tant bien que mal de déchiffrer les symboles qui y étaient inscrit. Fais un effort, Freya. Fais tourner ta cervelle, un peu. Si tout le monde y arrive, ça ne devait pas être si compliqué. Elle essayait de lier chaque symbole à chaque son, mais ça lui était impossible. Ces petits dessins abstraits ne représentaient rien à ses yeux. Elle souffla, froissa la planche de lettres et la balança plus loin dans la ruelle. Elle se recroquevilla sur elle-même, se demandant ce qu'elle pourrait bien devenir. Sans savoir déchiffrer les petits symboles, elle ne réussirait à rien, dans ce monde. Le monde continuerait de tourner sans elle, comme il l'avait toujours fait. Elle se leva, quitta la ruelle. Elle revint en courant, ramassa la boule de papier, et tenta de la défroisser. Elle la fourra rageusement dans sa poche. Freya, elle ne savait pas abandonner. Elle commençait pourtant à se demander si elle n'était pas simplement stupide, débile et incapable. Ils apprennent à lire à six ans, les enfants ; mais elle, elle en était incapable.

Elle avait arrêté de manger Freya, elle tentait tant bien que mal de se défaire de ce cannibalisme bien que c'était difficile. Elle ne se servait plus que chez les morts maintenant, même si leur chair étaient moins bonnes.

Elle marchait rapidement dans les rues de Tokyo, à la recherche d'un appartement désaffecté à squatter pour la nuit. Freya évitait de rester trop longtemps au même endroit. Elle n'avait pas l'habitude de vivre en plein jour, Freya. C'était un oiseau tombé du nid, elle grouillait dans les ténèbres rassurantes qui la camouflaient toujours. Elle regarda un instant son reflet dans une vitre. Elle ne se ressemblait plus vraiment, Freya. Elle avait toujours ce visage fin couvert de petites tâches de rousseur, ce corps longiligne et cette peau claire ; mais ses cheveux étaient désormais teintés d'un pourpre flamboyant, et ses yeux dévoilaient une intense couleur rouge émeraude. Tentative infructueuse de faire disparaître celle qu'elle était il y a encore quelques mois. Elle voulait devenir quelqu'un d'autre, commencer une nouvelle vie, mais c'était un cuisant échec. Elle passait sa vie à voleter d'appartement en appartement, à dormir sous les ponts, à l'occasion, et à assurer sa subsistance en volant les biens de ses victimes. Rien de glorieux, à vrai dire. Freya était toujours obnubilée par cette recherche de la puissance. Elle était irrémédiablement brisée, Freya. La folie la rongeait jusqu'aux os, l’incitant à tuer frénétiquement, la pauvre folle. Elle couvrit sa tête violine de la capuche de son sweat noir, et reprit son chemin, fixant ses pieds chaussés de rangers abîmées. Elle ne touchait pas aux humains, Freya, parce qu'elle les trouvait charmant, presque touchants dans leur fragilité. C'était comme des poupées de chiffon, ça se brise en un geste et il leur faut bien du temps pour se réparer. Freya, elle les trouvait presque mignons. Elle s'arrêta brusquement de marcher. Elle regarda le plan qu'elle avait dessiné au stylo bille dans la paume de ses mains. Une flèche vers la droite, puis vers la gauche, et encore droite, tout droit au croisement. On lui avait raconté qu'une boutique de masque cherchait quelqu'un pour en confectionner, à mi-temps. Elle serra les poings, Freya, et poussa la porte. C'était sa dernière chance de faire quelque chose de sa vie, au fond. Dessiner, elle avait toujours su faire. Elle avait passé des heures à griffonner, Freya, sur des papiers qui traînent ou sur des petits carnets abîmés qui étaient maintenant ses trésors, entre les heures d'entrainement physique. « Bon-bonjour ? » Elle pinça brièvement ses lèvres roses. Elle se tordait les mains, un petit stress pointant au creux de ses entrailles. Il lui fallait absolument ce travail. Elle s'approcha du comptoir d'un pas qui se voulait décidé. « Je viens pour le job. » La personne en face d'elle la regarda un instant, dubitative. Avant qu'elle n'ait le temps de répondre, Freya enchaîna. « Je, euh, je sais dessiner. J-j'ai des exemples, attendez. » De son sac à dos, elle sortit une pile de petits carnets abîmés par le temps. Certains avaient les pages jaunies, d'autres s'échappaient des feuilles couvertes de dessins au crayon. Des dessins apparaissaient même sur les couvertures. La reliure de certains se détachaient, leur donnant un air bien plus vétuste qu'ils ne l'étaient vraiment. Elle les feuilleta, présentant certaines pages à la femme devant elle. « C-c'est moi qui ai tout fait ! » Elle se sentait un peu comme une enfant qui présentait ses œuvres à ses parents, attendant des bravos et un peu de reconnaissance. Elle se força à sourire malgré son angoisse. « Ouais, c'est pas mal ! Hmm, on peut peut-être te prendre en essai quelque temps, pour voir ce que tu donnes niveau travaux manuels ? Si tu es libre. » Freya acquiesça vivement, terriblement reconnaissante. Elle ferait de son mieux, elle donnerait toute son énergie pour créer des masques. Au fond, elle espérait aussi qu'avoir une activité lui permettrait de se sauver de la folie qui la poursuivait.

✱✱✱

« Viens donc me voir ! On va s'amuser, tous les deux ! » Sa proie tourna dans une ruelle éclairée par la lune. Freya s’érafla l'épaule en rasant le mur, mais la plaie guérit instantanément. Elle était ivre d'adrénaline, l'adrénaline de la chasse, du jeu avec sa proie qui fuyait depuis quelques minutes déjà dans le labyrinthe des immeubles. Elle riait, Freya, elle riait. La chasse, c'était tellement amusant. Ses yeux rouges luisaient alors qu'elle suivait des yeux sa future victime, la traquant sans arrête dans le dédale.« Tu cours vite, pour un rat ! Mais je vais t'avoir, je vais t'attraper, maintenant ! » Elle déploya son kagune noir onyx, et se jeta sur sa proie, lui transperçant la poitrine. Elle ne cessait de rire, un éclat malsain luisant dans ses yeux. Elle se laissait aller, Freya, désormais. Elle ne luttait plus vraiment contre la démence, contre la folie animale qui la forçait à se nourrir, toujours. Manger, encore et encore. Ça ne sauvait pas véritablement son esprit, pour l'instant, mais elle ne pouvait plus s'en empêcher. C'était comme un délicieux poison qui gangrenait son esprit tout en la faisant se sentir merveilleusement bien, merveilleusement vivante. Elle avait envie de chair, de chair, de chair, de manger, manger, manger, manger encore. « Je vais te trancher la tête, te trancher la gorge, te trancher les veines ! » L'homme gisait déjà à terre, tentant de se sauver. De son kagune, elle lui trancha la tête, coupure nette au niveau de sa gorge. La reine de cœur, on disait. Freya, la reine de cœur, la reine rouge. Mais au fond, elle n'était que Freya, la démente.

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Nous sommes un an plus tard. Freya a arrêté tout cela. Enfin. Elle a enfin réussit à se contrôler. Elle mange comme les hommes maintenant, même si c'est écœurant. Mais elle veut faire partie de la société Freya. Elle veut faire parti du monde. Avant, elle n'avait que faire des esclaves. Elle n'en voulait pas. C'était faible les esclaves. Elle reniait même presque son statut de maîtresse. Elle voulait être plus haute dans la société. Mais aujourd'hui, elle s'y fait. Elle se fond un peu plus dans la masse et cherche des esclaves. Elle se nourrit de viande humaine qu'une fois par mois, se servant chez les morts comme elle aime le dire. Mais sa folie est toujours présente. Encrée au fond d'elle, cachée, n'attendant que de ressortir et de foutre la pagaille, une nouvelle fois.

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